
États-Unis - 1953 - 1 h 58 mn
Réalisation : Fred Zinnemann
Scénario : Daniel Taradash, d'après le roman de James Jones
Photo : Burnett Guffey, Floyd D.Crosby
Musique : George Duning, Morris W. Stoloff
Décors : Cary Odell, Franck Tuttle
Son : Lodge Cunningham
Montage : William A. Lyon
Assistant réalisateur : Earl Bellamy
Producteur : Buddy Adler
Interprétation : Burt Lancaster, Montgomery Clift, Deborah Kerr, Donna Reed, Frank Sinatra, Philip Ober, Mickey Shaughnessy, Ernest Borgnine, Harry Bellaver, Jack Warden, John Dennis, Merle Travis, Tim Ryan, Arthur Keegan, Barbara Morrison, Claude Akins, John Davis, James Jones, George Reeves, Alvin Sargent




C'était le coup de coeur de François M, deviné par Vincent au vu de LA plage, terriblement ignoré de Michèle et de Katy, heureusement rejointes par Colette sur le canapé.
2 commentaires:
(pour Colette)
Adaptations of James Jones's novel From Here to Eternity
From Here to Eternity was dramatized by Mark J. Appleman in 1952 as Stockade, a play of limited exposure and appeal.
The novel was first filmed in 1953 (produced by Buddy Adler, directed by Fred Zinnemann, released by Columbia in 1953). It received six Academy Awards for production, direction, cinematography, editing, sound, and its screenplay by Daniel Taradash, as well as Academy Awards for Best Supporting Actor and Actress, Frank Sinatra (Maggio) and Donna Reed (Alma/Lorene).
Although the screenplay had to be toned down from Jones's earthy original, and the figure of Prewitt, played by Montgomery Clift, was stressed, the film is considered a landmark in screen performance, which Zinnemann called "behaving rather than acting." The motion picture won an Academy Award for Best Picture; The New York Film Critics gave it awards for Best Picture, Best Director, and Best Actor (Burt Lancaster as Sgt. Warden); and Montgomery Clift was nominated for the Best Actor Academy Award for his sensitive and ardent portrayal of Robert E. Lee Prewitt.
In 1979 a remake of the original movie From Here to Eternity was broadcast on national television.
L'opposé du puritanisme
A la revoyure, Tant qu'il y aura des hommes est vraiment un film de passion. Des vraies passions, ou plus exactement des passions mises en scène de manière vivante : Warden et Karen Holmes, Prewitt et Lorene/Alma ont un vrai appétit charnel, ils se déshabillent (même si en maillot de bain), ils aiment se voir, être ensemble (jusqu'à être dans une même maison "comme si nous étions mariés"), se toucher. L'opposé du puritanisme qui nie le désir sexuel.
Dans le film, les passions apparaissent comme réelles au point qu'elles se heurtent à la réalité, la réalité sociale ancrée dans les personnes : malgré sa passion pour Karen, Warden ne se résout pas à postuler au grade d'officier, alors qu'elle est du milieu social des officiers, malgré sa passion pour Alma, Prewitt ne se résout pas à quitter l'armée, alors qu'Alma rêve d'être une "femme bien". L'opposé du puritanisme qui nie le désir social.
A ce choc les deux passions parallèles se séparent. Si les deux personnages hommes choisissent leur authenticité, la séquence finale montre Karen qui n'a pas abandonné l'idée de revoir Warden, alors qu'Alma renie Prewitt avec ses fantasmes de grandeur : elle ment avoir perdu un fiancé de la caste guerrière des aviateurs, en soulignant qu'il porte en prénom le nom du généralissime des armées sudistes de la Guerre de sécession Robert E. Lee.
Au total, Tant qu'il y aura des hommes porte un regard réaliste sur la passion. Contrairement à tant de films montrant des passions qui transforment les personnages, ici pas de psychologie, pas de révélation mais la vraie pesanteur des rêves : désir amoureux et désir social. Pas étonnant qu'on suive le récit jusqu'au bout puisque l'enjeu est de les concilier, et le risque d'oublier ses rêves et de perdre le sel de sa vie.
Il porte aussi un regard réaliste sur le deuil. Contrairement à tant de films montrant les récits de deuils qui accentuent la passion (la justement nommée compassion), les deux personnages femmes se séparent sur les récits de leurs souffrances passées. Karen assume ses amants de déprime et de dépit, Alma ressasse son abandon par son amoureux socialement au-dessus d'elle. L'opposé du puritanisme qui nie la mort et le désespoir.
Le personnage de Lorene/Alma a valu un Oscar à Donna Reed : entraîneuse disant que c'est pour un an, le temps d'accumuler de quoi s'en sortir, rêvant de la haute, mentant sur son fiancé, elle joue jusqu'au bout la prostituée et son cortège de dénégations. Elle le joue bien, au premier degré, avec une vraie souffrance sur le visage, un souci discret et constant de l'argent, croyant sincèrement à ses mensonges, sans clin d'œil ni toilette de star. Personnage à l'opposé du puritanisme qui nie l'impuissance de la sincérité, actrice de classe.
Chapeau aussi au réalisateur qui approche sa caméra des personnages, qui pose les plans frontalement, un par un, qui se glisse dans leur regard sans vision du spectateur extérieure au récit. Les personnages sont seuls au monde (ils sont même perdus dans l'Histoire, Prewitt jusqu'à en mourir). L'opposé du puritanisme voyeur.
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