20 avril 2005

Les musiciens de Gion

(gion bayashi)
Film de Kenji Mizoguchi - 1953


Société de production : Daiei Studios
Producteur : Hisakazu Tsuji
Scénaristes : Yoshikata Yoda, Matsutarô Kawaguchi, d'après le roman de Matsutarô Kawaguchi
Compositeur : Ichirô Saitô
Directeur de la photographie : Kazuo Miyagawa
Interprétation : Michiyo Kogure, Ayako Wakao, Seizaburô Kawazu, Kanji Koshiba, Eitaro Shindo, Ichiro Sugai, Haruo Tanaka, Sumao Ishihara


Gion, le quartier des plaisirs de Kyoto, dans les années 50. Afin d’échapper à un ivrogne, une toute jeune fille vient se réfugier chez Miyoharu, célèbre geisha réputée pour sa beauté et la perfection qu’elle met dans son métier. Elle lui fait savoir qu’elle aimerait elle aussi devenir geisha et profiter de son enseignement. Miyoharu finit par accepter et les deux femmes deviennent inséparables.


Analyse de Bernard Nave, Centre national de documentation pédagogique, Ressources pédagogiques pour la préparation des épreuves du baccalauréat, sections Cinéma-Audiovisuel

Époque contemporaine. Eiko, une très jeune fille, aspire à devenir une geisha de haut niveau. Son père, Sawaki, refuse de financer ses études. Elle demande à Miyoharu, une geisha amie de son père, de lui venir en aide. A la fin de son apprentissage, Eiko prend le nom de Miyoe. Il lui faut un kimono. Miyogaru emprunte de l'argent auprès d'Okimi, une maîtresse femme qui contrôle toute l'activité des geishas et décide de leur emploi. Le prêt n'est pas exempt de sous-entendus. Miyogaru doit coucher avec Kanzaki, un haut fonctionnaire dont la signature fournira un énorme marché à une usine dirigée par un certain Kusuda. Si Miyogaru ne cède pas, l'affaire échouera. Kusuda, pour sa part, convoite Miyoe. Les deux hommes les emmènent dans un appartement. Miyoe résiste à Kusuda et lui mord la langue. Miyoharu se refuse à Kanzaki. L'usine est en péril. Okimi prive Miyoharu de contrats. Acculée, Miyoharu finit par céder. Miyoe lui en fait le reproche, mais les deux femmes finissent par se réconcilier en puisant dans leur amour mutuel assez de forces pour endurer leur sort.

Ce film ne doit pas être confondu avec La Fête de Gion (Gion Matsuri) de 1933, aujourd'hui considéré comme perdu. Le titre du film de 1953 pose un délicat problème de traduction. D'après Yoda, il renverrait à trois des instruments utilisés par Eiko au cours de la fiction (le « sho », le « talko » et la flûte).

Mizoguchi démonte les rouages d'un système économique sacrifiant les idéaux dont pourtant il se nourrit. Il le caractérise par une « économie de la jouissance ». Sous couvert de leur fonction de représentation, les geishas ne sont que monnaie d'échange. Film dense, épuré dans son écriture. La scène finale, les deux femmes marchant côte à côte et faisant claquer leurs talons de bois, prépare L'Impératrice Yang Kwei Fei et sa recherche d'une pure correspondance des sonorités intérieures.


Critique de Corinne Garnier (11 octobre 2004)

Le thème de la prostitution est récurent dans l’œuvre de Kenji Mizoguchi. A travers cette aliénation et cet avilissement qui frappent les femmes, à l’instar de Jean-Luc Godard, grand admirateur du cinéaste japonais, il expose sa conception marxiste de la violence des rapports marchands et capitalistes qu’il applique aux relations humaines. Le cinéaste transpose également ce sujet à l’époque contemporaine avec un film de 1953, adapté de l’œuvre de Matsutarô Kawaguchi, Les musiciens de Gion, dont le titre renvoie au nom des musiciens, gion-bayashi, montés sur des chars qui jouent une musique caractéristique durant le grand matsuri, fête religieuse, annuel. Le quartier de Gion à Kyoto, assidûment fréquenté par Mizoguchi, est aussi célèbre pour ses geishas et maikos, les apprenties geishas de cette ville.

Les musiciens de Gion demeure un peu le pendant des Sœurs de Gion, qu’il tourna en 1936 et marqua sa première collaboration avec son scénariste attitré, Yoshida Yoda, qui a écrit, entre autres, ceux des films proposés dans ce coffret, hormis celui de La Rue de la honte conçu par Masashige Narusawa. Avec Les sœurs de Gion, Mizoguchi s’engagea vers plus de réalisme pour narrer l’histoire de deux sœurs geishas qui adoptent une attitude différente vis-à-vis de leurs clients tout en ayant le même dégoût de leur métier. Le cinéaste pose un regard similaire, dans Mademoiselle Oyu, sur les liens entre deux sœurs condamnées à se conformer aux exigences de la société et aux codes rigides qui la régissent.

Dans Les musiciens de Gion, on retrouve également cette complicité féminine face à l’adversité. Eiko, une jeune orpheline, se rend chez une geisha, Miyoharu, une ancienne amie de sa mère décédée, pour fuir les assiduités de son beau-père. Elle la convainc de la prendre comme maiko. Après un an de formation à différents arts, elle obtient des engagements dans les maisons de thé mais refuse de prendre un protecteur. Malgré l’évolution de la société japonaise des pans d’archaïsme résistent, car les femmes sont toujours obligées de se plier aux lois du marché et d’accepter les volontés des clients influents et fortunés. Eiko se révolte entraînant inexorablement le sacrifice de sa tutrice. A travers cette analyse de deux générations de geishas, et de leurs attitudes divergentes face à la soumission, Mizoguchi s’est souvenu du sort de sa propre sœur qui fut vendue comme maiko dans le quartier des plaisirs de Kyoto.

La mise en scène, plus sobre que dans ses précédents films, offre peu de plans d’ensemble car l’espace se restreint pour piéger les personnages. Ici, à l’instar de beaucoup de ses films, les protagonistes se retrouvent filmés à travers les cloisons à claire-voie des fenêtres et des portes qui remplacent les barreaux d’une prison, métaphore d’une vie sans issue. Loin de toute nature, dans la ville aux ruelles étroites et à la perspective bouchée, le cinéaste ne filme plus les tourments de l’âme mais l’âpre réalité dans toute sa crudité comme il l’a également fait dans son dernier film datant de 1956, La rue de la honte.


Critique de dumbledore pour DVDToile

Pour ce film de 1953, Kenji Mizoguchi reprend à peu de choses prêts le principe d'un film qu'il a déjà réalisé en 1936, Les Sœurs de Gion qui relataient l'histoire de deux sœurs dans le monde des Geishas, avec l'aînée qui essayait de protéger la plus petite des désillusions de leurs vies. Ici, la même idée donc, la même relation entre une musicienne plus âgée - Miyoharu -
et une toute jeune - Eiko. La découverte qu'elles font est toujours aussi cruelle : pour être des musiciennes qui travaillent beaucoup, il faut se trouver un protecteur, autrement dit accepter des gestes de prostitutions. La force du récit est bien sûr de faire confronter ces deux femmes, naïves chacune à sa manière, à à cette réalité. Mais Kenji Mizoguchi va plus loin que cette confrontation qui lui permet de nouveau de développer sa vision critique de la situation de la femme au Japon. Il met également l'accent sur le rapport entre Miyoharu et Eiko. On sent bien que sans la présence de la plus jeune, l'aînée aurait accepté plus facilement et plus naturellement la compromission. La présence de Eiko permet à Miyoharu de trouver la force de se battre, la force de dire non, comme si la pureté d'Eiko irradiait sur elle.

Bien sûr, avec Kenji Mizoguchi pas de happy end, la réalité finira pas triompher sur le romantisme et la compromission obligatoire sera incontournable, même s'il réussit à instaurer un peu d'espoir dans les dernières images de son film.

Pour sa mise en scène, Kenji Mizoguchi utilise toujours le principe des plans dans la longueur, comme pour mettre plus de pression, de tension sur ses comédiens afin d'obtenir une meilleure vérité des personnages. Sa mise en scène est toujours aussi belle, toujours sobre et respectueuse, sans aucun effet tape à l'œil. Ses cadres sont particulièrement soignés. Il utilise, encore plus que d'habitude, le cadre dans le cadre, les perspectives qui "rentrent dans les personnages" comme si tout le décor, tout l'entourage des deux héroïnes pesaient de tout son poids sur leurs épaules. La forme rejoint ici la thématique : cette pression est celle de toute l'institution sociale qui les pousse à accepter ce qu'elles tentent de refuser: la compromission, la renonciation à leurs idéaux, l'acceptation de la prostitution.

13 avril 2005

Les contes de la lune vague après la pluie

(ugetsu monogatari)



Film de Kenji Mizoguchi - 1953
Scénario : Matsutaro Kawaguchi, Yoshikata Yoda d'après les nouvelles de Akinari Uéda "La Maison dans les Roseaux" et "L'Impure Passion du Serpent"
Photo : Kazuo Miyagawa
Musique : Fumio Hayasaka
Production : Daiei
Interprétation : Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka, Machiko Kyo, Mitsuko Mito, Sakae Ozawa


Petit résumé de l'histoire par le ciné-club de Caen (site.voila.fr/cineclub)

A la fin du XVIe siècle, le Japon est ravagé par les guerres intérieures. Dans un petit village près du lac Biwa, vivent pauvrement le potier Genjuro et le paysan Tobei, avec leurs épouses respectives, Miyagi et Ohama. Chacun poursuit son rêve d'enrichissement ou de gloire.

Les hommes partent pour la ville, où les poteries se vendent bien. Tobei, ignorant les conseils de sa femme, court dépenser sa fortune à l'achat d'un équipement de samouraï. Genjuro est entraîné par une étrange et belle princesse en direction d'un manoir où il succombe à ses sortilèges... Pendant ce temps, le malheur fond sur les épouses délaissées : Ohama est violée par des soudards et réduite à la prostitution, Miyagi est attaquée par des soldats affamés, qui la tuent pour lui voler sa nourriture.

Le réveil sera rude : Genjuro ne tarde pas à découvrir que la femme qu'il a suivie est un spectre, défunt depuis des années, et le manoir où il a vécu des heures enchantées, un amas de ruines; quant à Tobei, il retrouve Ohama dans un lupanar et comprend quelle folie a été la sienne.

Tous deux rentrent au village. Genjuro croit revoir Miyagi qui l'accueille avec douceur, mais ceci est encore un rêve. Le chef du village lui apprend la vérité. La voix de la morte est bien là pourtant, présente à toute heure du jour, et leur fils Genichi va porter un bol de riz sur sa tombe. La vie continue...



Commentaire de Jean Douchet, Connaissance de Kenji Mizoguchi, Documentation FFCC, 2, 1965, p. 6-7.

La guerre civile. Des soudards surgissent dans un village et le ruinent. Deux villageois, l'un paysan, l'autre potier, décident de quitter femme et enfants pour tenter leur chance dans le monde. Le paysan n'aspire qu'à devenir samouraï, le potier d'être reconnu pour son art. Après de multiples tribulations et au prix d'une imposture, le paysan devient samouraï mais révèle alors la bassesse et la cruauté de sa nature. Ayant semé ruines et désolation, il rentre finalement au village auprès de sa femme – que la faim a faite prostituée – et de ses enfants. Le potier cherchant à vendre en ville ses produits est séduit par une femme très belle qui s'extasie sur la qualité et la beauté de ses poteries. Il la suit dans son domaine. Il y découvrira la volupté esthétique du raffinement et le raffinement sensuel des voluptés. Mais cette belle dame n'est qu'un fantôme. Les délices passés, le potier pressent la nature de la dame qui s'évanouit. Notre héros se réveille alors dans un domaine vide, délabré, désolé. Le potier rentre chez lui. Mais entre-temps, sa femme qu'il adorait a été massacrée par des soldats. Désespéré d'avoir perdu la seule réalité qui comptait pour lui, notre potier se remettra pourtant humblement à son travail.

Ce film, le plus célèbre de Mizoguchi, est celui où le conflit réalité-beauté est le plus explicite, où notre cinéaste décrit le mieux le fatal processus à la fois de la vie pour l'homme et de l'art pour l'artiste. Alors que les deux héros connaissent dans leur village auprès de la femme aimée, la vraie et seule réalité qui importe, celle du bonheur intime dans la paix de l'âme, ils se laissent tenter par l'aventure et prendre à son piège. Le désir de se dépasser, de rendre effectives les possibilités que l'on croit sentir en soi est trop souvent le fruit d'une méconnaissance de ce que l'on est réellement, un mensonge fondamental sur son être même. La guerre civile n'est pas ici autre chose que le reflet extérieur de cette guerre intérieure que les hommes se livrent, incapables de supporter la véritable réalité de leur nature. Ils font alors, comme nos héros, surgir une autre réalité conforme à leurs vœux. Cette réalité, parce que mensonge, ne peut être que dévastatrice.

Vue sous cet angle, il devient évident que l'arrivée des soudards qui détruisent le village n'est pas seulement le produit d'une réalité objective qui s'abat sur nos héros. En fait, elle a été appelée de leurs vœux dans le secret de leur être. Elle sert d'alibi et de prétexte à leur entreprise de conquête du monde de l'art, d'excuse pour abandonner sans remords femme et enfants (la quiétude même d'un bonheur paisible qui ne suffit plus à satisfaire leur rêve démesuré) en les livrant aux dangers de cette réalité qu'ils ont déchaînée. [p.6]

Seulement cette réalité que nos héros veulent conquérir est tissée dans l'étoffe de leur songe et par là même – pure illusion – devient insaisissable. Ce ne peut donc être qu'au prix d'une imposture que le paysan accomplira son rêve.

Car celui-ci est bien trop grand pour lui et il se révélera incapable d'en assumer la réalité. Il voulait accéder à la noblesse que confère le titre de samouraï. Il en aura le titre mais sera le contraire d'un noble. Il se montrera bas, vulgaire, lâche et méprisable. Apparaissent ainsi sa véritable réalité et la nature exacte de son besoin vital d'assumer pleinement son existence. Son aspiration vers les plus nobles valeurs dissimulait et couvrait l'appel des plus sombres instincts, du désir de se repaître des jouissances matérielles les plus basses.

À ce Sancho Pancha veule, bestial et destructeur s'oppose le Quichotte naïf qu'est le potier. Lui aussi se sent attiré vers les plus hautes destinées. À la différence que réellement joué, il peut y prétendre. Il est un grand artiste. Il le sent et le sait. Seulement il succombe à la pire tentation de l'artiste animé par le besoin vital de parvenir à l'essence de son art : celle d'oublier la réalité même de l'art pour chercher à en percer le secret dans la poursuite enivrante et voluptueuse de la forme pour la forme ; celle d'avoir honte de sa fonction première et primordiale qui est d'être et de rester un artisan pour se réfugier dans la position éthérée de l'artiste raffiné au-dessus des basses contingences ; celle de perdre de vue le caractère d'abord utilitaire de la poterie pour ne la considérer que sous l'angle d'une production d'ouvrages gratuits à caractère purement décoratif et d'agrément. L'art – et c'est le message esthétique de Mizoguchi – doit avant tout servir l'homme en l'aidant à découvrir où réside sa réalité profonde. Il ne peut en aucun cas l'asservir par la fausse volupté de la seule apparence.

Au terme de sa folle recherche notre potier se réveille, écœuré, face au vide de la fantomatique beauté formelle évanouie et à la désolation d'un magnifique décor réduit en cendres. Devant l'échec de son entreprise, ayant perdu dans sa folle aventure, la réalité première et profonde qui le poussait naturellement à œuvrer, il lui faut se remettre, par et dans l'humilité, au travail. Ce n'est qu'en abdiquant l'attitude d'orgueil d'artiste suprêmement savant, de magicien connaissant tous les tours de virtuosité formelle de l'illusion que notre potier pourra réentendre la tendre voix aimante de la naïveté originelle, de la fraîcheur première de l'inspiration sans laquelle il n'est pas d'art véritable. Ainsi la Lune vague après la pluie nous conte l'aventure de l'homme face à la vie qui, doit opter entre sa réalité profonde et l'apparence de sa réalité, et celle de l'artiste face à son art tenté de choisir la beauté pure et mensongère contre la beauté de la vérité et la vérité de la beauté. C'est que vie et art ne sont qu'une seule et même expérience, l'une extérieure, l'autre intérieure, l'une objective, l'autre subjective. [p.7]

06 avril 2005

La vie d'O Haru, femme galante

(saikaku ichidai onna)


Film de Kenji Mizoguchi - 1952
Scénario : Yoshikata Yoda, d'après "Une femme de volupté" de Saikaku Ihara
Photos : Yoshimi Hirano
Musique : Ichiro Saito
Montage : Toshio Goto
Production : Hideo Koi, pour Shintoho
Interprétation : Kinuyo Tanaka, Ichiro Sugai, Tsukie Matsuura, Toshiro Mifune


Grand classique analysé dans toutes les histoires du cinéma, c’est l’un des films de Mizoguchi les plus célèbres en Occident, l’un de ceux considérés en France comme des chef-d’œuvre.

Il dépeint la déchéance sociale d’une héritière d’une famille de petits samouraïs installée à Osaka dans le Japon du XVIIe siècle, qui tombe petit à petit, par un enchaînement picaresque et tragique, du statut de noble courtisane à celui de prostituée grelottante de froid. Histoire fidèle à celle dépeinte dans Une femme de volupté (Koshoku ichidai onna), le roman classique de Saikaku Ibara (1642-1736) que Mizoguchi admirait.

Le film obtint un Lion d’argent au Festival de Venise 1952 : ce fut le premier Mizoguchi à être ainsi primé hors du Japon et il en fut très fier. Mizoguchi réfléchissait à l’adaptation de cette histoire depuis son installation à Kyoto, des années auparavant. Le sujet lui tenait particulièrement à cœur. Tous les aspects de son cinéma y sont juxtaposés : c’est une introduction parfaite à son univers filmique.


Au XVIIe siècle au Japon, une prostituée âgée observe les différentes images de Bouddha dans un temple, et se remémore son passé : autrefois servante au Palais Impérial de Kyoto, O Haru fut surprise avec Katsunosuke, son soupirant, de rang inférieur, qui, pour avoir enfreint l'étiquette de la cour, fut décapité, tandis qu'elle était exilée. Après avoir tenté de se suicider, elle est choisie comme concubine d'un riche seigneur, mais, dès qu'elle lui a donné un fils, est répudiée, pour avoir provoqué la jalousie de l'épouse légale. Bientôt vendue à une maison de Geisha, elle est sur le point d'être "rachetée" par un client lorsqu'on découvre que c'est un faussaire. Une fois retournée chez ses parents, ceux-ci la placent comme servante chez un marchand, Sasaya, dont la femme est excessivement jalouse et la brime : pour se venger, O Haru, qui a découvert que l'épouse était chauve et portait une perruque à l'insu de son mari, fait révéler ce secret. Renvoyée, elle n'a plus d'autre solution que de devenir "femme galante", mais finit comme prostituée de bas étage, puis mendiante, après avoir vainement tenté de voir son fils, devenu seigneur de haut rang. À la fin, de nouveau dans le temple aux mille Bouddhas, O Haru et ses compagnes remarquent en riant que leurs diverses expressions évoquent celles d'hommes qu'elles ont connues. Et O Haru reste solitaire et méprisée.

05 avril 2005

03 avril 2005

L'avenue de la Gare pleine

... pendant la brocante

devant le cinéma

02 avril 2005

L'avenue de la Gare vide

... avant la brocante

devant le cinéma