10 mars 2005

Nikos Kazantzaki

Nikos Kazantzaki (1883-1957) chercha toute sa vie comment l'homme pourrait accéder à la liberté. Une seule réponse émergea des pensées grecque, biblique, bouddhique et platonicienne qui furent ses inspirations : la lutte. Car pour ce philosophe crétois, l'homme est tout d'abord esclave. Il est le vermisseau traçant son chemin dans la terre. " Le sujet principal de toute mon œuvre est : le combat de l'homme avec " Dieu ", [sa] lutte acharnée [...] contre les forces toutes-puissantes et ténébreuses qui se trouvent en lui et autour de lui ; l'obstination, la lutte, la ténacité de la petite Étincelle qui tâche de percer et de vaincre l'immense Nuit éternelle. La lutte et l'angoisse pour transformer les ténèbres en lumière, l'esclavage en liberté.", écrit Kazantzaki cinq ans avant sa mort, révélant le but de sa propre vie.

Ainsi dans L'Odyssée (1938) s'identifie-t-il à Ulysse pour, en 33 000 vers sublimes, poursuivre le voyage d'Homère dans les monts et les abîmes vertigineux de l'esprit et du monde. L'auteur a aussi écrit sur les voyages qu'il fit lui-même pendant les treize années précédant la parution de ce chef-d'œuvre et qui l'emmenèrent de l'Égypte au Japon, ainsi que plusieurs pièces de théâtre traitant de thèmes historiques ou bibliques pour la plupart. L'essentiel de son œuvre romanesque fut écrit entre 1950 et sa mort, en 1957. Elle comprend, entre autres : La dernière tentation du Christ (1951), Le Christ recrucifié (1953), et La liberté ou la mort (1955).

Le roman Alexis Zorba (1943), qui, par son adaptation cinématographique (Zorba le Grec), reste la référence la plus connue aujourd'hui de Nikos Kazantzaki, fut quant à lui achevé durant la 2e Guerre mondiale. Bien qu'il faille remonter à 1917, année où l'auteur exploita avec Georges Zorba une mine au sud de Péloponnèse, pour situer le décor du roman, les circonstances dans lesquelles fut achevé Alexis Zorba ne sont pas étrangères à son dessein, qui est de dépeindre l'angoisse de l'homme.

Nikos Kazantzaki choisit de regarder la mort en disant : "La mort n'existe pas", atteignant une liberté absolue. Ainsi son épitaphe : " Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre", à Héraklion, en Crête, traduit-elle cet accomplissement, fruit d'une mûre réflexion.

[source : Sophie Bernier à destination des étudiants de philosophie du Cégep Limoilou à Québec, décembre 2002]


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